La cour de Marbre et la cour royale
Les pots à feu
Parmi les ornements de la cour de Marbre et de la Cour royale, cinquante-huit pots à feu d’environ 1,40 m. de haut ornent la balustrade. En 1679-1680, lors de leur création, il ne s’agissait pas de pots à feu puisque le motif qui sortait de ces vases de forme Médicis n’était pas une flamme mais une fleur de lys ainsi qu’en témoigne un dessin ancien. C’est en 1814 que les fleurs de lys, ayant été détruites à la Révolution, ont été ainsi remplacées par erreur. Ces vases sont de deux modèles : quarante-six ont la panse ornée de têtes de bélier et douze de têtes de lions.

Copie en place d’un pot à feu à masque de lion surmonté d’une flamme (inv. Vdse 70.) © Sygma/Stéphane Compoint

Copie en place d’un pot à feu à masque de lion surmonté d’une flamme (inv. Vdse 70.)
Statues
Sur la balustrade qui court autour de la cour de Marbre et de la Cour royale, dix-huit statues en ronde-bosse d’environ 2 m. de haut symbolisent les quatorze vertus royales et les quatre parties du monde, puisque la gloire du Roi se doit de résonner dans tout l'univers. Pour les parties du monde, la paire de l'Asie et de l'Europe côté nord répond à celle de l'Afrique et de l'Amérique côté sud. Alors que l’Asie et l’Europe sont des copies, l’Afrique, d’Etienne Le Hongre, et l’Amérique, de Thomas Regnaudin, sont encore celles qui ont été placées là en 1679. En pierre de Tonnerre, elles figurent toutes deux des femmes assises : l’Afrique, coiffée d'un masque d'éléphant, s'appuie sur une amphore et écrase de son pied une tête de lion ; l’Amérique, coiffée et ceinturée de plumes et dont l’un des pieds repose sur la tête d'un crocodile, s’appuyait sur un arc à ce jour disparu.
Dans le cadre de la restauration générale des façades côté cours prévue par le "Grand Versailles", une restauration in situ de l’ensemble de ces sculptures doit avoir lieu. Celle-ci consistera en des consolidations, des ragréages au ciment, des restitutions de manques ou des remplacements en pierre de Saint-Leu.

Groupe de l’Afrique (inv. Vdse 55.) et de l’Amérique (inv. Vdse 56.) situé à la balustrade de la cour de Marbre côté sud © Sygma/Stéphane Compoint

Groupe de l’Afrique (inv. Vdse 55.) et de l’Amérique (inv. Vdse 56.) situé à la balustrade de la cour de Marbre côté sud
La frise décorative
Au fond de la cour de Marbre, la frise décorative située à la crête du toit est constituée de motifs alternés : couronne, sceptre, main de justice et lambrequin à masque d'Apollon ; corbeille de fleurs et masque de satyre ; enroulements, guirlandes et têtes de griffon. Tous ces reliefs en métal estampé et découpé à jour ont été réalisés par François Girardon et Jean-Baptiste Tuby en 1680 et 1681. Depuis, ils ont perdu leur dorure et certains de leurs emblèmes royaux, détruits à la Révolution, n’ont pas été restitués. En outre, l’alternance des motifs a été modifiée lorsque, en 1858, l’architecte Questel déplaça la crête en arrière d’un mètre à la suite d’une réfection du comble.
Dans le cadre du "Grand Versailles", il est prévu de remettre cette frise décorative à son emplacement d’origine, d’en replacer les motifs et d’en redorer les ornements comme ils l’étaient dans leur premier état.

Couronne royale, avec sceptre et main de justice disposés en sautoir, posée sur un coussin qui repose sur un socle mouluré couvert d'un lambrequin orné d'un masque d'Apollon et bordé d'un galon et de trois houppes (inv. Vdse 27.) © Sygma/Stéphane Compoint

Couronne royale, avec sceptre et main de justice disposés en sautoir, posée sur un coussin qui repose sur un socle mouluré couvert d'un lambrequin orné d'un masque d'Apollon et bordé d'un galon et de trois houppes (inv. Vdse 27.)
La dorure des plombs
Les ornements de faîtage de la cour de Marbre et de la Cour royale sont constitués de quinze pots à feu dans les angles, de branches de palmes tournantes aux bourseaux et de fleurs de lys, tournesols, couronnes royales et campanes à la frise. Ces ornementations, rondes-bosses et reliefs en plomb et étain, ont été réalisées par Etienne Le Hongre, Noël Jouvenet et Pierre Mazeline de 1680 à 1684.
Dans le cadre du "Grand Versailles", tout comme les lucarnes des combles et les balcons, ces ornements de faîtage vont retrouver leur dorure.
Il en va de même pour les plombs - consoles, guirlandes et chutes de laurier - qui ornaient les toitures des pavillons des secrétaires d’Etat dans l’Avant-cour. Une fois la réhabilitation de l’aile sud des Ministres terminée, ils seront restitués et également dorés en plein.
Ce chantier d’ensemble achevé, les cours d’entrée retrouveront alors l’apparence qu’elles avaient sous le règne de Louis XIV.

Reconstitution 3D de la dorure des plombs © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero

reconstitution 3D de la dorure des plombs
L'horloge
Au-dessus de la chambre du Roi, l’horloge à masque d’Apollon rythmait le temps de la Cour grâce à trois cloches pesant de 95 à 1150 kilos. Elles portent le chiffre royal, des "L" couronnés, des croix fleurdelisées ainsi que l’inscription "DU REGNE DE LOUIS XIV ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE LAN MDC LXXX" et le macaron du fondeur Florentin Le Guay garni d’une tête d’angelot ailé.
Au cours de la campagne de restauration - qui se déroula de juillet à décembre 1999 et bénéficia du mécénat de la société Chronopost -, il a été décidé de conserver la disposition actuelle plutôt que de restituer un état historique antérieur rendu aléatoire par la transformation des bâtiments. C’est ainsi que l’on voit le cadran descendre sur le balcon de la chambre du souverain, avant de gagner le sol de la cour de Marbre où il a été entièrement démonté avant d’être restauré en atelier et d’être traité contre la corrosion. Ses ornements en bronze et cuivre repoussé ont été redorés et se détachent désormais sur un fond "bleu de roi" attesté par les archives. Celles-ci ont également justifié la dorure du tore de laurier en pierre qui avait disparu depuis longtemps. L’usage des techniques modernes à été, quant à lui, limité à la pose de moteurs d’entraînement dissimulés dans les cages des poids.
Ainsi restaurée, l’horloge s’intégrera parfaitement à l’ensemble de la toiture et de ses ornements de plomb qui retrouveront très prochainement leur dorure.

L’horloge de la cour de Marbre restaurée © Château de Versailles / Christian Milet

L’horloge de la cour de Marbre restaurée © Château de Versailles/Christian Milet
La réfection du pavage
Avec la réorganisation de l’accueil du public dans les deux pavillons de tête de la Cour royale et la restitution de la grille destinée à la clôturer, le projet "Grand Versailles" prévoit de remplacer la totalité des pavés dans cette zone et d’en rétablir le niveau d’origine, environ 40 cm plus haut. L’architecte de Louis-Philippe en avait en effet abaissé le niveau afin que la cour de Marbre soit de plain-pied avec l’intérieur des appartements. Si le retour au niveau d’origine fut amorcé dans les années 80 avec le rehaussement de la cour de Marbre, il ne fut jamais achevé.
Le projet "Grand Versailles" comprend également la création dans l’axe de l’Avant-cour d’un accès piétonnier d’une largeur d’environ cinq mètres partant de la Grille d’honneur et se prolongeant jusqu’à la Grille royale en cours de restitution. Devant cette grille, le chemin prendra la forme d’une chaussée en "U" conduisant à chacune des deux entrées de la future billetterie. Afin d’en permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite, ce chemin sera réalisé à partir de gros pavés neufs soumis à des critères élevés de planéité et d’adhérence. Le déplacement des visiteurs sera également rendu plus aisé de nuit puisqu’il est prévu d’encastrer dans le pavage des éclairages.
Ces deux opérations menées dans les cours d’entrée du château seront également l’occasion de créer des réseaux enterrés d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales dont l’absence fait aujourd’hui cruellement défaut.

Travaux en vue de la réfection du pavage de la Cour royale © Château de Versailles/Jean-Marc Manaï

Travaux en vue de la réfection du pavage de la Cour royale
La statue équestre
A l’origine de cette statue équestre, il y a une commande de Louis XVIII qui voulait remplacer le Louis XV qui ornait l’actuelle place de la Concorde et qui avait été détruit à la Révolution ; de ce projet, seul le cheval fut réalisé sous le règne de Charles X, en 1829, par le sculpteur Cartelier et le fondeur Keller. Peu après, Louis-Philippe inaugurait son musée dédié "à toutes les gloires de France". En hommage au créateur de Versailles, une statue équestre de Louis XIV devait accueillir les visiteurs. Elle fut réalisée en réutilisant le cheval prévu pour Louis XV et la figure de Louis XIV fut alors modelée par Petitot et fondue par Crozatier. Ce procédé explique certainement la disproportion entre ce cavalier massif et son élégante monture, à moins que cette curieuse différence d’échelle n’ait voulu traduire le mythe du Grand Roi…
Coulées à 7 ans d’intervalle, ces bronzes forment un ensemble de 6 m. de haut et de 2,5 m. de large… plus de 8 tonnes qu’il a fallu déplacer afin de restituer la Grille royale. La future grille ne pouvait en effet coexister avec la statue puisque celle-ci en occupait le centre. Le 20 février 2006, la monture et son cavalier ont donc pris le chemin de la fonderie Coubertin spécialisée dans les bronzes monumentaux. Souffrant de corrosion et d’oxydation, ils vont pouvoir y bénéficier d’une "cure de jouvence" bien méritée. Au programme, la reprise des armatures métalliques de maintien dont le mauvais état menaçait la stabilité de l’ensemble mais aussi le nettoyage des surfaces, les réparations, la remise en place des pièces manquantes qui avaient été déposées en 1977 à titre préventif (le harnais du cheval, le plumet du chapeau et la pointe de l’épée), la patine puis le traitement final à l’aide d’une cire de protection. Au terme de cette restauration en 2008, des simulations aideront au choix de son emplacement définitif.

Reconstitution 3D de la statue équestre © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero

reconstitution 3D de la statue
L'historique et la restitution de la Grille royale
Sous l’Ancien Régime, deux grilles précédaient le château. La première, dite Grille d’honneur, n’a pas bougé depuis 1682 ; la seconde, qui clôturait la Cour royale entre les deux pavillons à colonnade du Corps Central et qui fut détruite à la Révolution, va être prochainement restituée. Dressée par Le Vau dans les années 1662-1664 puis remaniée sur ses plans en 1670-1671, cette grille fut prolongée jusqu’aux ailes du Midi et du Nord sous la direction d’Hardouin-Mansart entre 1679 et 1682. Dans ce dernier état, elle était l’œuvre de Luchet, Marie, Godignon et Belin, les meilleurs ferronniers d’alors. Dorée en plein et scandée de riches pilastres, elle s’ouvrait par deux portails sur les deux cours latérales (cours des Princes et de la Chapelle), se prolongeait entre les colonnes des pavillons d’extrémité des ailes latérales (aujourd’hui remplacés par les pavillons Dufour et Gabriel) puis s’incurvait en quart de cercle sur la cour d’Honneur jusqu’à deux guérites en pierre servant alors de corps de garde pour les sentinelles. Entre ces deux guérites, qui supportaient les groupes sculptés de L’Abondance par Coysevox et de La Paix par Tuby, la grille redevenait droite et ouvrait sur la Cour royale par une porte monumentale sommée d’un fronton décoré des trois fleurs de lys et de la couronne royale des armes de France. Cette porte avait une grande importance dans l’organisation spatiale du château. En effet, seuls les cavaliers, chaises à porteurs et carrosses gratifiés des "honneurs du Louvre", c’est-à-dire autorisés à entrer dans la cour du logis du Roi, pouvaient la franchir. En dépit des conséquences induites par la construction de l’aile et du pavillon Gabriel en 1771 qui entraîna la suppression de la partie fermant la cour de la Chapelle, la Grille royale resta en place jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Devenue un symbole inutile avec la Révolution, elle est supprimée en 1793 et la Cour royale rebaptisée "cour des arts et des sciences". En 1836, à l’exact emplacement de sa porte centrale, Louis-Philippe fait ériger la statue équestre de Louis XIV. L’année suivante, les sculptures de Coysevox et de Tuby, épargnées par la Révolution car sans attribut royal, retrouvent une place au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour.

Prévu dans le cadre du schéma directeur, le rétablissement de la Grille royale va permettre de refermer l’espace de la Cour royale entre les pavillons Dufour et Gabriel. Non seulement on reviendra ainsi à un état historique apte à protéger la zone la plus sensible du château, mais on facilitera également la réorganisation de l’accueil du public dans cet espace qui constituera un vaste vestibule à ciel ouvert à partir duquel s’organiseront les départs vers les différents circuits de visite.
La restitution s’appuie tant sur une riche documentation iconographique (peintures, gravures, dessins) que sur des relevés aux cotes précises et des sondages archéologiques. Ils ont permis de recomposer la totalité des ouvrages courants et des ornements décoratifs de la grille, tant pour la ferronnerie que pour la maçonnerie. Une fois restituée en atelier et dorée en plein, cette belle enceinte disparue à la Révolution reprendra sa place dans la Cour.
La statue équestre de Louis XIV, se trouvant à l’exact emplacement de la porte centrale de la grille, a déjà été démontée puis déplacée. Le rétablissement du niveau d’origine de la Cour royale et la réfection du pavage à faire avant son installation sont en cours. Restera, après sa mise en place effective, à déplacer les deux groupes sculptés de La Paix par Tuby et de L'Abondance par Coysevox - actuellement au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour - en amortissement des guérites en pierre, de part et d’autre de la porte centrale de la grille.
Comme la Grille d’honneur, la Grille royale bénéficiera d’un éclairage nocturne grâce à des projecteurs encastrés dans les pavages et disposés au niveau des toitures des pavillons Dufour et Gabriel.

Reconstitution 3D de la Grille royale © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero




reconstitution 3D de la grille royale
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La cour de Marbre et la cour royale
Les pots à feu
Parmi les ornements de la cour de Marbre et de la Cour royale, cinquante-huit pots à feu d’environ 1,40 m. de haut ornent la balustrade. En 1679-1680, lors de leur création, il ne s’agissait pas de pots à feu puisque le motif qui sortait de ces vases de forme Médicis n’était pas une flamme mais une fleur de lys ainsi qu’en témoigne un dessin ancien. C’est en 1814 que les fleurs de lys, ayant été détruites à la Révolution, ont été ainsi remplacées par erreur. Ces vases sont de deux modèles : quarante-six ont la panse ornée de têtes de bélier et douze de têtes de lions.

Copie en place d’un pot à feu à masque de lion surmonté d’une flamme (inv. Vdse 70.) © Sygma/Stéphane Compoint

Copie en place d’un pot à feu à masque de lion surmonté d’une flamme (inv. Vdse 70.)
Statues
Sur la balustrade qui court autour de la cour de Marbre et de la Cour royale, dix-huit statues en ronde-bosse d’environ 2 m. de haut symbolisent les quatorze vertus royales et les quatre parties du monde, puisque la gloire du Roi se doit de résonner dans tout l'univers. Pour les parties du monde, la paire de l'Asie et de l'Europe côté nord répond à celle de l'Afrique et de l'Amérique côté sud. Alors que l’Asie et l’Europe sont des copies, l’Afrique, d’Etienne Le Hongre, et l’Amérique, de Thomas Regnaudin, sont encore celles qui ont été placées là en 1679. En pierre de Tonnerre, elles figurent toutes deux des femmes assises : l’Afrique, coiffée d'un masque d'éléphant, s'appuie sur une amphore et écrase de son pied une tête de lion ; l’Amérique, coiffée et ceinturée de plumes et dont l’un des pieds repose sur la tête d'un crocodile, s’appuyait sur un arc à ce jour disparu.
Dans le cadre de la restauration générale des façades côté cours prévue par le "Grand Versailles", une restauration in situ de l’ensemble de ces sculptures doit avoir lieu. Celle-ci consistera en des consolidations, des ragréages au ciment, des restitutions de manques ou des remplacements en pierre de Saint-Leu.

Groupe de l’Afrique (inv. Vdse 55.) et de l’Amérique (inv. Vdse 56.) situé à la balustrade de la cour de Marbre côté sud © Sygma/Stéphane Compoint

Groupe de l’Afrique (inv. Vdse 55.) et de l’Amérique (inv. Vdse 56.) situé à la balustrade de la cour de Marbre côté sud
La frise décorative
Au fond de la cour de Marbre, la frise décorative située à la crête du toit est constituée de motifs alternés : couronne, sceptre, main de justice et lambrequin à masque d'Apollon ; corbeille de fleurs et masque de satyre ; enroulements, guirlandes et têtes de griffon. Tous ces reliefs en métal estampé et découpé à jour ont été réalisés par François Girardon et Jean-Baptiste Tuby en 1680 et 1681. Depuis, ils ont perdu leur dorure et certains de leurs emblèmes royaux, détruits à la Révolution, n’ont pas été restitués. En outre, l’alternance des motifs a été modifiée lorsque, en 1858, l’architecte Questel déplaça la crête en arrière d’un mètre à la suite d’une réfection du comble.
Dans le cadre du "Grand Versailles", il est prévu de remettre cette frise décorative à son emplacement d’origine, d’en replacer les motifs et d’en redorer les ornements comme ils l’étaient dans leur premier état.

Couronne royale, avec sceptre et main de justice disposés en sautoir, posée sur un coussin qui repose sur un socle mouluré couvert d'un lambrequin orné d'un masque d'Apollon et bordé d'un galon et de trois houppes (inv. Vdse 27.) © Sygma/Stéphane Compoint

Couronne royale, avec sceptre et main de justice disposés en sautoir, posée sur un coussin qui repose sur un socle mouluré couvert d'un lambrequin orné d'un masque d'Apollon et bordé d'un galon et de trois houppes (inv. Vdse 27.)
La dorure des plombs
Les ornements de faîtage de la cour de Marbre et de la Cour royale sont constitués de quinze pots à feu dans les angles, de branches de palmes tournantes aux bourseaux et de fleurs de lys, tournesols, couronnes royales et campanes à la frise. Ces ornementations, rondes-bosses et reliefs en plomb et étain, ont été réalisées par Etienne Le Hongre, Noël Jouvenet et Pierre Mazeline de 1680 à 1684.
Dans le cadre du "Grand Versailles", tout comme les lucarnes des combles et les balcons, ces ornements de faîtage vont retrouver leur dorure.
Il en va de même pour les plombs - consoles, guirlandes et chutes de laurier - qui ornaient les toitures des pavillons des secrétaires d’Etat dans l’Avant-cour. Une fois la réhabilitation de l’aile sud des Ministres terminée, ils seront restitués et également dorés en plein.
Ce chantier d’ensemble achevé, les cours d’entrée retrouveront alors l’apparence qu’elles avaient sous le règne de Louis XIV.

Reconstitution 3D de la dorure des plombs © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero

reconstitution 3D de la dorure des plombs
L'horloge
Au-dessus de la chambre du Roi, l’horloge à masque d’Apollon rythmait le temps de la Cour grâce à trois cloches pesant de 95 à 1150 kilos. Elles portent le chiffre royal, des "L" couronnés, des croix fleurdelisées ainsi que l’inscription "DU REGNE DE LOUIS XIV ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE LAN MDC LXXX" et le macaron du fondeur Florentin Le Guay garni d’une tête d’angelot ailé.
Au cours de la campagne de restauration - qui se déroula de juillet à décembre 1999 et bénéficia du mécénat de la société Chronopost -, il a été décidé de conserver la disposition actuelle plutôt que de restituer un état historique antérieur rendu aléatoire par la transformation des bâtiments. C’est ainsi que l’on voit le cadran descendre sur le balcon de la chambre du souverain, avant de gagner le sol de la cour de Marbre où il a été entièrement démonté avant d’être restauré en atelier et d’être traité contre la corrosion. Ses ornements en bronze et cuivre repoussé ont été redorés et se détachent désormais sur un fond "bleu de roi" attesté par les archives. Celles-ci ont également justifié la dorure du tore de laurier en pierre qui avait disparu depuis longtemps. L’usage des techniques modernes à été, quant à lui, limité à la pose de moteurs d’entraînement dissimulés dans les cages des poids.
Ainsi restaurée, l’horloge s’intégrera parfaitement à l’ensemble de la toiture et de ses ornements de plomb qui retrouveront très prochainement leur dorure.

L’horloge de la cour de Marbre restaurée © Château de Versailles / Christian Milet

L’horloge de la cour de Marbre restaurée © Château de Versailles/Christian Milet
La réfection du pavage
Avec la réorganisation de l’accueil du public dans les deux pavillons de tête de la Cour royale et la restitution de la grille destinée à la clôturer, le projet "Grand Versailles" prévoit de remplacer la totalité des pavés dans cette zone et d’en rétablir le niveau d’origine, environ 40 cm plus haut. L’architecte de Louis-Philippe en avait en effet abaissé le niveau afin que la cour de Marbre soit de plain-pied avec l’intérieur des appartements. Si le retour au niveau d’origine fut amorcé dans les années 80 avec le rehaussement de la cour de Marbre, il ne fut jamais achevé.
Le projet "Grand Versailles" comprend également la création dans l’axe de l’Avant-cour d’un accès piétonnier d’une largeur d’environ cinq mètres partant de la Grille d’honneur et se prolongeant jusqu’à la Grille royale en cours de restitution. Devant cette grille, le chemin prendra la forme d’une chaussée en "U" conduisant à chacune des deux entrées de la future billetterie. Afin d’en permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite, ce chemin sera réalisé à partir de gros pavés neufs soumis à des critères élevés de planéité et d’adhérence. Le déplacement des visiteurs sera également rendu plus aisé de nuit puisqu’il est prévu d’encastrer dans le pavage des éclairages.
Ces deux opérations menées dans les cours d’entrée du château seront également l’occasion de créer des réseaux enterrés d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales dont l’absence fait aujourd’hui cruellement défaut.

Travaux en vue de la réfection du pavage de la Cour royale © Château de Versailles/Jean-Marc Manaï

Travaux en vue de la réfection du pavage de la Cour royale
La statue équestre
A l’origine de cette statue équestre, il y a une commande de Louis XVIII qui voulait remplacer le Louis XV qui ornait l’actuelle place de la Concorde et qui avait été détruit à la Révolution ; de ce projet, seul le cheval fut réalisé sous le règne de Charles X, en 1829, par le sculpteur Cartelier et le fondeur Keller. Peu après, Louis-Philippe inaugurait son musée dédié "à toutes les gloires de France". En hommage au créateur de Versailles, une statue équestre de Louis XIV devait accueillir les visiteurs. Elle fut réalisée en réutilisant le cheval prévu pour Louis XV et la figure de Louis XIV fut alors modelée par Petitot et fondue par Crozatier. Ce procédé explique certainement la disproportion entre ce cavalier massif et son élégante monture, à moins que cette curieuse différence d’échelle n’ait voulu traduire le mythe du Grand Roi…
Coulées à 7 ans d’intervalle, ces bronzes forment un ensemble de 6 m. de haut et de 2,5 m. de large… plus de 8 tonnes qu’il a fallu déplacer afin de restituer la Grille royale. La future grille ne pouvait en effet coexister avec la statue puisque celle-ci en occupait le centre. Le 20 février 2006, la monture et son cavalier ont donc pris le chemin de la fonderie Coubertin spécialisée dans les bronzes monumentaux. Souffrant de corrosion et d’oxydation, ils vont pouvoir y bénéficier d’une "cure de jouvence" bien méritée. Au programme, la reprise des armatures métalliques de maintien dont le mauvais état menaçait la stabilité de l’ensemble mais aussi le nettoyage des surfaces, les réparations, la remise en place des pièces manquantes qui avaient été déposées en 1977 à titre préventif (le harnais du cheval, le plumet du chapeau et la pointe de l’épée), la patine puis le traitement final à l’aide d’une cire de protection. Au terme de cette restauration en 2008, des simulations aideront au choix de son emplacement définitif.

Reconstitution 3D de la statue équestre © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero

reconstitution 3D de la statue
L'historique et la restitution de la Grille royale
Sous l’Ancien Régime, deux grilles précédaient le château. La première, dite Grille d’honneur, n’a pas bougé depuis 1682 ; la seconde, qui clôturait la Cour royale entre les deux pavillons à colonnade du Corps Central et qui fut détruite à la Révolution, va être prochainement restituée. Dressée par Le Vau dans les années 1662-1664 puis remaniée sur ses plans en 1670-1671, cette grille fut prolongée jusqu’aux ailes du Midi et du Nord sous la direction d’Hardouin-Mansart entre 1679 et 1682. Dans ce dernier état, elle était l’œuvre de Luchet, Marie, Godignon et Belin, les meilleurs ferronniers d’alors. Dorée en plein et scandée de riches pilastres, elle s’ouvrait par deux portails sur les deux cours latérales (cours des Princes et de la Chapelle), se prolongeait entre les colonnes des pavillons d’extrémité des ailes latérales (aujourd’hui remplacés par les pavillons Dufour et Gabriel) puis s’incurvait en quart de cercle sur la cour d’Honneur jusqu’à deux guérites en pierre servant alors de corps de garde pour les sentinelles. Entre ces deux guérites, qui supportaient les groupes sculptés de L’Abondance par Coysevox et de La Paix par Tuby, la grille redevenait droite et ouvrait sur la Cour royale par une porte monumentale sommée d’un fronton décoré des trois fleurs de lys et de la couronne royale des armes de France. Cette porte avait une grande importance dans l’organisation spatiale du château. En effet, seuls les cavaliers, chaises à porteurs et carrosses gratifiés des "honneurs du Louvre", c’est-à-dire autorisés à entrer dans la cour du logis du Roi, pouvaient la franchir. En dépit des conséquences induites par la construction de l’aile et du pavillon Gabriel en 1771 qui entraîna la suppression de la partie fermant la cour de la Chapelle, la Grille royale resta en place jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Devenue un symbole inutile avec la Révolution, elle est supprimée en 1793 et la Cour royale rebaptisée "cour des arts et des sciences". En 1836, à l’exact emplacement de sa porte centrale, Louis-Philippe fait ériger la statue équestre de Louis XIV. L’année suivante, les sculptures de Coysevox et de Tuby, épargnées par la Révolution car sans attribut royal, retrouvent une place au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour.

Prévu dans le cadre du schéma directeur, le rétablissement de la Grille royale va permettre de refermer l’espace de la Cour royale entre les pavillons Dufour et Gabriel. Non seulement on reviendra ainsi à un état historique apte à protéger la zone la plus sensible du château, mais on facilitera également la réorganisation de l’accueil du public dans cet espace qui constituera un vaste vestibule à ciel ouvert à partir duquel s’organiseront les départs vers les différents circuits de visite.
La restitution s’appuie tant sur une riche documentation iconographique (peintures, gravures, dessins) que sur des relevés aux cotes précises et des sondages archéologiques. Ils ont permis de recomposer la totalité des ouvrages courants et des ornements décoratifs de la grille, tant pour la ferronnerie que pour la maçonnerie. Une fois restituée en atelier et dorée en plein, cette belle enceinte disparue à la Révolution reprendra sa place dans la Cour.
La statue équestre de Louis XIV, se trouvant à l’exact emplacement de la porte centrale de la grille, a déjà été démontée puis déplacée. Le rétablissement du niveau d’origine de la Cour royale et la réfection du pavage à faire avant son installation sont en cours. Restera, après sa mise en place effective, à déplacer les deux groupes sculptés de La Paix par Tuby et de L'Abondance par Coysevox - actuellement au niveau des plates-formes des rampes de l’Avant-cour - en amortissement des guérites en pierre, de part et d’autre de la porte centrale de la grille.
Comme la Grille d’honneur, la Grille royale bénéficiera d’un éclairage nocturne grâce à des projecteurs encastrés dans les pavages et disposés au niveau des toitures des pavillons Dufour et Gabriel.

Reconstitution 3D de la Grille royale © Ministère de la Culture et de la Communication / Fabien Barati et Emmanuel Guerriero




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